os carreaux, on prétend qu’ils sont beaux, inusables et faciles d’entretien ! » Quand il parle de « ses » carreaux, Gilles Nadal a le regard qui s’allume. Depuis 1975, cet ancien ingénieur commercial de chez Esso, fils de médecin et Dauphinois d’origine, est à la tête du Carrelage de Saint-Samson, ex-établissements Briard, fleuron de l’industrie locale et spécialiste de la brique réfractaire de 1835 aux années 1960.
À l’occasion d’un déplacement, Gilles Nadal « tombe » sur cette usine désaffectée, à Saint-Samson-la-Poterie, à la lisière de la Seine-Maritime. C’est le coup de foudre. Il ne connaît rien à l’argile ni à la fabrication du carrelage, mais à presque 30 ans, il se lance. « J’ai toujours rêvé d’être chef d’entreprise, raconte-t-il. J’ai appris sur le tas. L’avantage, quand on n’y connaît rien c’est qu’on a des idées qu’on n’aurait pas autrement. On a fini par mettre au point une fabrication aujourd’hui très valorisée. » Le pari était osé mais il est réussi.
« Il faut des produits nouveaux en permanence »
Aujourd’hui, l’entreprise emploie cinq personnes, produit 2000 m2 de carrelage par mois et réalise un chiffre d’affaires annuel de 500 000 € . Son savoir-faire dans la fabrication du carrelage à l’ancienne est reconnu. Un produit aujourd’hui « très tendance » pour peu qu’on soit prêt à y mettre le prix : environ 48€ le mètre carré. La clientèle, originaire d’un bon quart nord-ouest de la France, est constituée de particuliers amateurs d’authenticité, d’entrepreneurs travaillant dans la restauration, de négociants en matériaux. |
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Le bouche à oreille fonctionne bien, ce qui n’empêche pas Gilles Nadal de prospecter et d’assurer la promotion de ses produits comme à la Foire de Paris récemment.
Il vient de présenter « son dernier bébé » au Salon du patrimoine du Louvre. Un carreau fait d’un subtil mélange d’argiles blanches et rouges, au relief étonnant. « Il faut des produits nouveaux en permanence », souligne le PDG. Le dernier-né de la gamme des carrelages de Saint-Samson aura demandé plusieurs années de recherche. « C’est une quête permanente. On fait des essais. Des bêtises aussi. Ça fait toujours avancer. » En attendant de découvrir ce nouveau carreau dans la salle d’exposition de l’usine, les amateurs de beau pourront toujours se régaler l’œil à la halle de Songeons toute proche (son carrelage provient de Saint-Samson) ou encore, à l’occasion d’une balade en Bourgogne, à la bibliothèque de l’abbaye Saint-Germain-d’Auxerre.
Corinne Fourcin |